Pierre Morsa

ce bon vieux blog

Réflexions de comptoir

Overengineered : la limite de l’approche d’Apple

Apple est la société qui produit les gadgets high-tech avec la meilleure qualité globale. On peut en débattre pendant des heures, on peut pointer du doigt leurs quelques fiascos industriels comme le clavier papillon, le fait est qu’ils sont la référence de toute l’industrie high-tech en termes de qualité.

Tim Cook résumait bien la philosophie d’Apple lorsqu’il disait « Apple ne sait pas faire de produits bas de gamme ». Chaque produit est conçu en portant attention aux moindres détails.

De manière générale, je pense que cette approche leur réussit particulièrement bien. Il suffit de voir leurs bénéfices. Pourtant, il y a un domaine où cette approche se retourne contre eux : celle des machines « pro », en particulier le Mac Pro. Et pour cela, je vais prendre trois exemples : les serveurs XServe, le Mac Pro cylindre et le Mac Pro actuel.

Les serveurs XServe étaient les plus beaux. Malheureusement, ils n’étaient pas particulièrement compétitifs en termes de coût et leur design ne répondait pas nécessairement à la demande du marché.

Le Mac Pro cylindrique, lui, était une sorte d’héritier du Cube, mais rond. La machine était tellement optimisée et intégrée qu’Apple ne l’a presque pas fait évoluer, à l’opposé de ce que recherchent les pros.

Enfin, le Mac Pro actuel est une belle machine (enfin, moi je le trouve très moche, mais c’est une question de goût), mais encore une fois, était-ce vraiment nécessaire de passer autant de temps à concevoir l’intérieur le plus beau possible ? Je ne crois pas. À mon avis, les pros auraient préféré une machine peut-être au design un peu moins léché mais capable d’évoluer plus rapidement.

Derrière la simplicité apparente peut se cacher une grande complexité de conception, et c’est le petit travers dans lequel Apple ne peut s’empêcher de tomber pour ses machines « pro ». Parfois, un avoir un truc un peu plus bordélique en apparence avec quelques fils qui dépassent c’est bien plus simple que de vouloir tout optimiser.

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Du prix des iPhones

Et si, en vendant ses iPhone plus cher, Apple avait tout compris ?

D’une part, Apple est une société capitaliste. Le système capitaliste requiert une croissance du chiffre d’affaires, pour des tas de raisons plus ou moins intelligentes ou idiotes, la raison principale étant moins financière que psychologique : une décroissance est instinctivement perçue comme un échec. Tant qu’un meilleur système n’aura pas été mis en place, Apple sera condamné, comme toutes les entreprises cotées en bourse, à essayer de continuer à faire croître son chiffre d’affaires.

D’autre part, il n’est tout simplement pas possible d’être une entreprise « écoresponsable » en vendant toujours plus d’unités chaque année. Donc, la seule manière de satisfaire le système capitaliste tout en étant « écoresponsable », c’est d’augmenter les prix pour compenser une baisse des ventes en nombre d’unités.

Malheureusement, Apple n’a pas tout compris. Aujourd’hui l’augmentation du prix n’est pas liée à une logique écoresponsable, mais plutôt à la saturation du marché. Payer un smartphone plus cher, pourquoi pas, mais à une condition : que ces téléphones puissent effectivement être utilisés longtemps, au minimum six ans. Cela implique que le téléphone puisse être réparé sans trop de difficultés et que le logiciel soit maintenu pendant au moins six ans.

Aujourd’hui, la durée de vie moyenne d’un iPhone est estimée autour de 3 ans. Doubler cette durée de vie permettrait de réduire drastiquement la quantité de déchets. Si c’était effectivement le cas, je serais prêt à payer mon iPhone plus cher. Mais payer plus de mille euros pour un téléphone qui durera trois ans ? Non merci.

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Changer la sortie audio depuis la ligne de commande sur macOS

J’ai quatre sorties audio sur mon Mac de bureau. Comme je passe d’une sortie à une autre assez fréquemment, j’ai essayé d’automatiser le processus, mais sans succès. Ni Keyboard Maestro ni AppleScript n’offrent de solution pour changer la sortie son.

Heureusement, comme souvent, quelqu’un a rencontré le même problème et a développé une solution. Dans ce cas, la solution s’appelle switchaudio-osx. Elle permet de changer la sortie son à partir de la ligne de commande, et donc depuis Keyboard Maestro ou AppleScript.

La commande suivante va lister toutes les sorties son du Mac.

switchaudiosource -a

La commande suivante va sélectionner la sortie son du Mac appelée “Mac Mini Speakers”.

switchaudiosource -s "Mac mini Speakers"

Voici l’équivalent dans Keyboard Maestro :

switchaudiosource-keyboard-maestro-macos

À noter que j’ai ajouté le chemin d’accès /usr/local/bin/ devant la commande dans Keyboard Maestro, sinon cela ne fonctionne pas.

Il est également possible de définir l’entrée son utilisée. Par exemple la commande suivante va sélectionner l’entrée “Pass-Thru”.

switchaudiosource -t input -s "Pass-Thru"

Pour voir toutes les options possibles de switchaudiosource, il suffit d’entrer la commande sans aucun arguments.

switchaudiosource

Pour installer switchaudio-osx

Je l’ai installé via Homebrew (je sais, je sais, ce n’est pas la solution la mieux sécurisée du monde, mais c’est trop pratique).

  1. Si ce n’est pas déjà fait, installez Homebrew depuis le terminal.
  2. Ensuite, installez switchaudio-osx avec la commande brew install switchaudio-osx

Voilà, désormais vous pouvez l’utiliser pour automatiser le changement de sortie audio du Mac.

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Les incroyables musiques des dessins animés de ma jeunesse

Les dessins animés que nous aimons sont liés à l’époque où chacun d’entre nous grandit. J’ai grandi pendant les années 70, et je fais donc partie de la génération Goldorak, Capitaine Flam, Albator et Ulysse 31. Il y en avait bien d’autres, mais je ne cite que mes préférés, qui ont bien sûr en commun le thème de l’espace.

Je me souviens que j’avais un ami musicien qui m’avait dit que la musique de Capitaine Flam était très bien, sans y prêter plus d’attention. C’est en ré-écoutant récemment la bande son originale de ce dessin animé que je me suis rendu compte que les compositions de l’époque étaient en effet vraiment bien construites, même si typiques de la musique de l’époque. La version originale japonaise a ainsi été composée par Yuji Ohno :


Essayez d’imaginer mobiliser autant de musiciens aujourd’hui pour enregistrer un générique de dessin animé… En cherchant « Captain Future Yuji Ohno », vous devriez trouver la bande-son complète. Yuji Ohno a composé de nombreuses musiques de dessins animés, dont Lupin et Cobra.

De nombreux pays ont adapté la bande-son originale, souvent pour des raisons de droits. Ainsi, en France, on a le fameux générique composé :


J’ai un petit faible pour la version allemande, composée par Christian Bruhn, qui reprend un style de chant typique des années 70 :


Le truc qui m’a toujours fait halluciner, c’est que c’est Didier Barbelivien et Éric Charden, de Stone et Charden, qui ont composé et interprété la musique d’Albator. Ça m’a toujours fait marrer de penser à ces adultes, artistes connus, en train de chanter le plus sérieusement du monde les paroles de ces dessins animés :


Pour le coup, cette version n’a vraiment rien à voir avec le style et l’ambiance de la musique d’origine :


Pour l’anecdote, la série Albator 78 n’a pas de fin en France, le dernier épisode n’ayant jamais été diffusé. Pourquoi ? Parce que le combat de fin était totalement inapproprié pour un public jeune… Et franchement, cette fin c’est n’importe quoi.


Enfin la musique de bataille vaut la peine pour le petit passage qui ressemble à « v’la le bon vent, v’la le joli vent » - une fois qu’on le sait, on ne peut pas s’empêcher de faire le rapprochement.


Voilà, rien d’autre. C’était juste un moment de partage musical juste pour le plaisir.

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